Dominique Grandmont   
Quinze graffiti plus un sur le miroir d'Anne Slacik

Bousculée fenêtre du jour (le réveil  défaisant ce que l’aube construit du monde)

 

Sortie d’un couvre-feu qui bleuirait les vitres (et la lumière qui s’ouvre est cette clé du silence)

 

Ou l’angle dépensé d’une pièce de monnaie (mais parole aussitôt perdue dans les gravats)

 

Puis courait comme une ligne plus loin que les murs (terrain vague où les murs resteraient hors-les-murs)

 

Traces de doigts dans l’air qui inventent un alphabet de branches et de terre)

 

Sont foyers mal éteints qu’on criblait de cailloux (où les portes vitrées gémissent comme des oiseaux)

 

Les sentiers ou cellules tournant à même le roc (toute une vie parfois griffonnée avec des brindilles)

 

Ni carrefours qui se heurtent à ce ciel qu’ils délivrent (et grands rêves sont gravés dans les yeux par la pluie)

 

Sous un masque de boue seuls les reflets qui nous regardent (tombées de leur oubli surtout les feuilles chasseresses)

 

Quelle image ou pâlie n’allant pas jusqu’au signe (se remplissait de lettres comme des cicatrices)

 

Dans son élan brisé si les mots remplacent le sens (des chiffres sans parler où les parois qui sèchent écoutent)

 

Mais n’en sont pas hormis soleils barrés ou flèches (leurs avenirs dont les peaux seraient les portes)

 

A peine fils tendus puisque l’horizon nu résonne (deux fois fuyait sans tête pour figurer son corps)

 

Aile ou feuille effaçant jusqu’au plus proche miroir (ce qu’abrège son vol et l’œil est le quatrième)

 

Invisibles blessaient le vide avant l’éclair ( le schéma tenant lieu d’arc ou ce qu’il désenferme )

 

Puisque la main trouée déclenche l’infini ( et les absents ne font que se relever de la poussière)

 

1991

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